Les sentiments

S’ajuster à la vie avec un nouveau bébé peut être une expérience stressante. Vos routines quotidiennes ainsi que celles de votre partenaire et du reste de la maisonnée vont changer. C’est une importante période d’adaptation sociale et émotive.

Votre corps a aussi besoin de temps pour se reposer et se remettre de la grossesse et de l’accouchement. Pendant les quelques semaines suivant l’accouchement, vous pourriez avoir l’humeur changeante, c’est-à-dire vous sentir heureuse une minute, et anxieuse, irritable, triste ou épuisée l’instant suivant.

Beaucoup de facteurs peuvent avoir un effet sur votre bien-être émotif pendant cette période, dont :

  • le manque de sommeil
  • les changements de votre routine quotidienne
  • les changements de vos rôles à la maison et au travail
  • les changements dans votre relation avec votre partenaire intime
  • les changements de l’image que vous avez de vous-même
  • l’inquiétude concernant les soins à donner à un nouveau-né
  • les changements de votre situation financière
  • le changement de vos hormones.

Beaucoup de nouvelles mères connaîtront ce qu’on appelle le syndrome du troisième jour, ou « baby blues ». C’est un état temporaire qui disparaît tout seul en quelques semaines. Ce syndrome est différent de la dépression postpartum qui est un état grave pour lequel il faut obtenir rapidement des soins médicaux.

Comprendre le « baby blues »

  • Habituellement, les nouvelles mères commencent à ressentir le « baby blues » entre trois et cinq jours après l’accouchement. En partie à cause des changements de vos hormones, vous pourriez vous sentir triste, pleurer, avoir l’esprit confus, des sautes d’humeur, des maux de tête et de la difficulté à dormir ou à vous concentrer. Ces symptômes peuvent apparaître de temps à autre pendant quelques semaines et disparaissent habituellement tout seuls.
  • De l’aide supplémentaire et la compréhension des gens qui vous entourent peuvent vous aider à passer au travers. Ce qui aide aussi, c’est de parler de vos sentiments à votre famille, vos amis et vos professionnels de la santé.

La dépression postpartum

  • La dépression postpartum (après l’accouchement) touche entre 10 et 20 % des mères. Elle commence habituellement entre deux semaines et six mois après l’accouchement, mais dans certains cas, elle peut apparaître jusqu’à un an plus tard.
  • Les symptômes courants de la dépression postpartum sont les pleurs incontrôlables et se sentir bonne à rien, coupable, incapable de s’en sortir ou inquiète au sujet de sa capacité d’aimer le bébé. Les symptômes de la dépression postpartum apparaissent chaque jour pendant une grande partie de la journée ou toute la journée, et durent deux semaines ou plus. Beaucoup de femmes qui font une dépression postpartum essaient de cacher leurs sentiments et s’isolent de leur famille et de leurs amis.
  • La dépression postpartum exige des soins médicaux immédiats. Si elle n’est pas traitée, elle peut avoir un impact grave sur la mère et le bébé.
  • Si vous croyez que vous faites une dépression postpartum, parlez à votre partenaire, un membre de la famille, un ami ou un membre de votre équipe de soins de santé. C’est important d’obtenir de l’aide. La plupart des femmes qui reçoivent un traitement recouvrent la santé en moins d’un an.
  • Les antécédents familiaux de dépression et de stress émotionnel ou physique peuvent augmenter le risque de dépression postpartum.
Voici quelques signes d’une dépression postpartum :
  • se sentir agitée ou irritable
  • se sentir triste, désespérée et dépassée par les événements
  • pleurer beaucoup
  • ne pas avoir d’énergie
  • manger trop peu ou trop
  • dormir trop peu ou trop
  • avoir de la difficulté à se concentrer, à se souvenir ou à prendre des décisions
  • se sentir bonne à rien et coupable
  • ne plus s’intéresser aux choses qu’on aimait auparavant et ne plus en tirer du plaisir
  • s’isoler de ses amis et de sa famille
  • avoir des maux de tête, des douleurs à la poitrine, le coeur qui bat trop vite ou une respiration rapide et peu profonde
  • avoir l’impression de ne pas s’intéresser au bébé
  • sentir qu’on veut faire du mal au bébé ou se faire mal.
Le traitement de la dépression postpartum

Pour traiter la dépression postpartum, il faut faire appel à un professionnel de la santé. Le traitement comprend habituellement :

  • des médicaments (beaucoup d’antidépresseurs peuvent être pris sans danger pendant l’allaitement)
  • une thérapie individuelle, c’est-à-dire parler à un médecin, une infirmière ou un travailleur social.

Il y a une différence entre la dépression postpartum et le « baby blues ». La dépression postpartum doit être traitée par un professionnel de la santé.

Faire face aux changements et aux difficultés

Demander de l’aide

  • Souvent, les amis et les membres de la famille veulent aider à s’occuper des nouveau-nés. Demandez-leur de vous aider à faire le ménage et à cuisiner.
  • Beaucoup de gens se sentent honorés qu’on leur demande de prendre soin du bébé pour de courtes périodes. Laissez les adultes auxquels vous faites confiance bercer ou promener le bébé, ou changer une couche. Ne vous sentez pas obligée de tout faire vous-même.
  • Parlez à une infirmière de la santé publique à propos des façons d’obtenir de l’aide et du soutien des autres personnes.

Activité physique

  • Seulement 10 minutes d’exercice par jour peuvent vous aider à vous sentir mieux. Essayez d’intégrer l’exercice dans votre routine quotidienne, par exemple, en faisant une promenade avec le bébé. Demandez à votre fournisseur de soins de santé de vous indiquer le meilleur type d’exercice pour vous.

Gestion du stress

  • Le stress peut empirer une dépression. Est-ce que vous pouvez éliminer quelques sources de stress de votre vie, même si ce n’est que pour un court moment?
  • Ne soyez pas trop dure envers vous-même! Ne vous mettez pas de pression sur les épaules en essayant de faire en sorte que tout soit « parfait ». Faites ce que vous pouvez et laissez faire le reste.
  • Évitez l’alcool et la caféine.
  • Essayez de vous coucher et de vous lever à peu près à la même heure tous les jours et inventez des rituels relaxants pour l’heure du coucher, comme lire ou prendre un bain chaud.
  • Choisissez des aliments sains et un régime bien équilibré. Prendre des repas à des heures régulières peut aider à réduire la dépression.
  • Passez du temps avec d’autres personnes. Ne vous isolez pas. Parlez à d’autres mères et pensez à vous joindre à un groupe de soutien.
  • Trouvez du temps pour vous et pour les activités que vous aimez, même si vous n’avez pas envie de faire l’effort nécessaire.

Pour en savoir plus long…

Association canadienne de santé mentale : www.cmha.ca